Rédaction offshore Madagascar : les nouveaux esclavagistes

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Des menottes en fer forgé servant aux esclaves

Pourquoi tant de Français sont complices de l’esclavagisme malgache ?

Ah, combien de fois avons-nous eu cette question de la part de nos clients : « Vous ne sous-traitez pas à Madagascar, j’espère ? » Non, bien sûr, nous ne sous-traitons pas hors de la zone euro, et toujours à des freelances de langue maternelle française. D’où notre « Made in France ».
Et combien de fois cela a-t-il engendré une discussion étrange où l’interlocuteur, se sentant complice, nous confie son idée de cette population pauvre du globe qui ne sait pas écrire un texte convenable à 3 €. Je ne juge personne, car chacun a sa vision des choses, mais je brûle de vous donner notre point de vue sur la question, et elle commence ainsi :
Les rédacteurs malgaches sont nos amis. Nous faisons le même métier. Nous les comprenons. Et nous sommes vraiment tristes de ce qui leur arrive…

Les nouveaux esclavagistes ont trouvé leur terrain d’exploitation : Mada

En tant que directeur de SEOmantique, chef d’équipe d’une rédaction premium, je reçois des courriers de proposition de sous-traitance à Mada assez régulièrement. Ainsi, Anthony m’écrit à propos de son agence Wholesaler, basée sur l’île Rouge :

« Pourquoi les agences travaillent avec nous ?
– Vous avez un surplus de projet et un manque d’effectifs pour assurer certaines demandes
– Vous souhaitez augmenter la gamme de vos services pour augmenter votre clientèle
– Certains projets ne vous intéressent pas et vous préférez nous les transmettre
– Nos tarifs sont très avantageux

Nos avantages :
– Paiement uniquement à la livraison
– 98 % de nos clients sont des agences web françaises
– Nous ne divulguons jamais les travaux effectués »

Hormis les fautes, l’incohérence du sujet de ses listes et les répétitions de ce courrier, on voit qu’ils cherchent à récupérer les travaux des agences françaises. Cédric, de la même boîte, quelques mois plus tôt, m’annonçait déjà son argument-choc censé me convaincre : « on peut vous proposer la moitié de ce que vous facturez aux clients ». Je vois, je vois. Ces joyeux spammeurs m’arrosent périodiquement de leur communication agressive, me promettant un repos bien mérité si je leur envoie une petite part de ma pitance…

Et Madagascar multiplie les agences web à « tarifs exceptionnels » et « qualité garantie » depuis quelques années, et de plus en plus d’entreprises, attirées par l’économie substantielle que cela représente pour eux, font appel à ces « boîtes », avec un taux de déception plutôt élevé au final, nécessitant relecture et correction en interne la plupart du temps.

« Il va s’en dire qu’une parfaite maîtrise de la langue écrite (grammaire, orthographe, vocabulaire et syntaxe) sont des compétences primordiales dans ce domaine. », peut-on lire en saignant des yeux sur cette page. Le ton est donné.

Pourquoi le travail n’est-il pas bien fait ? Les textes trop pauvres sémantiquement, les informations souvent imprécises, voire fausses, le français approximatif, les fautes par dizaine… Ils parlent bien français pourtant. Que se passe-t-il sur l’île Rouge ? Et surtout, pourquoi est-ce que cela continue à tourner si fort malgré la mauvaise qualité de rendu ?

Les agences de rédaction offshore malgache sont au cœur d’un conflit tarifaire féroce avec le reste du monde, et surtout entre eux. Dans ce pays en voie de développement, à l’économie dévastée, l’exploitation de l’humain fait rage dès qu’une brèche apparaît :
40 h de travail/semaine déclarées, et le surplus pour terminer leurs textes non payé, avec une moyenne de 3000 mots par jour et un carnet de commandes trop plein, « l’esclavagisme » semble être le mot adéquat.
Le prix ? Pour le client, 1 € les 100 mots. Pour le rédacteur, moins de la moitié. Le salaire moyen par semaine est de 70 € (s’ils ont au moins le SMIC, ce qui ne correspond encore qu’à une minorité parmi les auteurs exploités). Si vous cherchez les sources, je vous recommande cet article écrit par une agence de Madagascar, qui tente de sortir du lot en dénonçant ses collègues, et pourquoi pas, après tout.

Qui sont les nouveaux esclavagistes ? Vous ?

Qu’on soit d’accord : il est normal, dans un pays où le niveau de vie est trois fois plus bas qu’en France, que les tarifs de rédaction soient également plus bas. La sous-traitance offshore, que ce soit la Chine pour nos vêtements, la délocalisation en Europe de l’Est ou l’optimisation fiscale irlandaise, fait partie de notre grand système économique. Et encore une fois, je ne vais pas juger les Malgaches de tenter de prendre du marché. Ce que je regarde, c’est ceux qui les exploitent.
1,5 centime d’euro le mot ? Vous êtes sérieux ? Et la boîte prend une part dessus encore ? Les clients potentiels se frottent les mains. La misère du monde leur facilite la vie, voire remplace leur propre travail. Et l’idée commence à plaire, vu les discussions qu’on trouve sur le web.
Groupon saute le pas et y externalise presque tous ses contenus, et les grands groupes, affamés de SEO, se lancent à sa suite pour économiser des fortunes sur des centaines de milliers de mots. Se salissant au passage par des textes au français douteux publiés en Accueil, mais qu’importe le flacon, tant qu’on a le SEO.

Je m’étonne toujours de trouver, parfois au téléphone lors d’un démarchage, des Français métropolitains aux commandes de ce marché de la sous-traitance low-cost. « Notre équipe à Mada est incroyable ! ». A priori, tout le monde s’est mis d’accord pour laisser les Malgaches en dessous du seuil de pauvreté et d’en tirer parti. C’est méprisable…

Quand je lis sur des forums de mise en contact, suite à une possible faute de frappe sur le tarif d’un rédacteur malgache « C’est plus cher que la rédaction faite des Français vivant en France et payant leurs impôts. À Mada les salaires moyens sont très bas, t’es sûr de ne pas avoir oublié un 0 devant ton 1 ? Ce qui serait le tarif réel de rédaction à Mada. », je ne peux être qu’effaré du manque de conscience de celui qui écrit ça. On ne la lui fait pas : Mada, ce n’est pas 10 cts le mot, mais bien 1 cts. 10 fois moins que le SMIC français. Pourtant, c’est la misère que tu proposes à ce prix. Rien de plus !

On est face à un système qui s’est organisé dans la quête éternelle de diminuer les coûts. Une économie nationale aurait pu en tirer parti et sortir la tête de l’eau, mais cela n’arrange personne dans le monde, à part Madagascar, et encore, la misère l’arrange un peu quand il s’agit de réglementer les investissements étrangers. Quand on voit la place que prend cette production offshore dans l’activité du web francophone, et qu’on sait que leur salaire moyen mensuel est non pas 10 fois, mais 23 fois moins important que la MOYENNE MONDIALE, on se dit qu’on devrait faire mieux que ça. Qu’on peut faire mieux que ça !

Madagascar, est-ce que tous les rédacteurs sont nuls et pas cher ?

Madagascar est un pays de langue francophone, avec ses universités, ses écoles. Libre depuis 1960, installée dans sa quatrième république depuis 2009, c’est une nation jeune et en voie de structuration. Les Malgaches ne sont pas de mauvais rédacteurs, et il n’y a d’ailleurs pas à tirer de conclusion sur l’ensemble d’une population.
Vous trouverez par contre dans le pays, et notamment dans la capitale Tananarive, une multitude de boîtes puantes enfermant des rédacteurs devant leur poste, avec des semaines de travail dépassant les 70 h pour certains. Ce sont eux qui vous font des tarifs exceptionnels et des textes de si basse qualité. Ils sont légion, réjouissez-vous.

D’un autre côté, vous avez de véritables rédacteurs web qui connaissent la valeur de leur travail, comme le montre d’ailleurs la réponse malgache à la faute de frappe à 10 cts précédemment mentionnée dans notre article : « Chère Johan, il ne faut pas tout ramener à un tarif. La recherche du ROI (retour sur investissement pour ceux qui ne savent pas) ne se résume pas à une compression des coûts. Trouver le bon rapport qualité-prix, selon ses besoins et objectifs, c’est là tout le problème. ». Autant dire qu’il y a du niveau, là.

Quelle conclusion tirer de l’exploitation des rédacteurs web de Madagascar ?

De la situation actuelle, il me vient plusieurs conclusions que je souhaite partager avec vous.

La première, c’est que, clairement, en observant les prix pratiqués dans les pays offshore, le client participe à la pauvreté de Madagascar en commandant au moins cher possible des articles qui nécessitent du temps de travail. Qu’il garde en bouche l’amertume de savoir que celui qui a écrit les mots qu’il va publier n’a pas de quoi manger chaque jour, pas plus que sa famille, et qu’il travaille jusqu’à 70 h par semaine pour tenter de maintenir les siens en vie et en bonne santé. Que le client se pose la question de savoir s’il est proche de ses bénéfices au point de participer à une telle situation humaine. Je ne connais pas ce client, et je ne lui en veux pas. Je pense qu’il ignore comment de tels prix sont possibles et qu’il s’en est réjoui simplement.
À présent, lecteur, tu sais.

La seconde conclusion, c’est que la mauvaise qualité de Madagascar est due aux cadences infernales qu’on impose à ses rédacteurs et à l’exploitation financière qui attire surtout des gens peu formés, mais dans le besoin. Si cela suffit à votre SEO, tant mieux, mais on peut faire mieux, et alimenter les bons réseaux (un peu plus chers) plutôt que de se rendre complice des esclavagistes.

La troisième conclusion, c’est qu’on ne parle pas de la même chose entre un texte de Mada et un texte d’un rédacteur web français qualifié. Il ne faut pas les comparer. Miss SEO Girl, dont j’apprécie beaucoup le blog, l’explique très bien dans son billet sur la tarification Web : écrire un bon papier prend du temps et du savoir-faire, et a donc un coût en lien avec les compétences invoquées à sa réalisation. L’industrialisation de la rédaction n’apportera jamais la qualité de production.

Et pour finir, je comprends que certains contenus valent moins que d’autres, car leur fonction sera de ne servir qu’au SEO et non d’apparaître au lecteur. Je comprends l’intérêt de dépenser peu pour ces contenus sans valeur, mais nom de nom, on ne peut pas demander aux mêmes personnes, et au même prix, de produire le contenu qui sera mis en avant (site, article de blog, fiche produit) ! Il s’agit de votre image, de votre identité, de votre crédibilité ! Les économies que vous faites aujourd’hui sont le chiffre d’affaires qui vous manquera demain ! Faites appel aux bons professionnels pour chaque secteur de votre activité. Un bon texte, c’est de la comm aussi !

 

En résumé :

  • Courage, amis malgaches ! Nous tentons de faire connaître et changer votre situation !
  • Oui, ami client, quand tu payes une misère, tu entretiens la misère !
  • Non, le peuple entier de Mada n’écrit pas mal. Il écrit trop et est insuffisamment payé pour que les gens compétents prennent le temps de bien faire.
  • Non, un texte, de qualité égale à un article français qualifié, produit à Madagascar, ne coûte pas « 2 X moins cher » qu’en France, mais souvent le même prix ou presque.
  • Oui, on peut changer les choses et aider Madagascar en s’assurant que le tarif, un peu plus élevé, revient bien en grande partie au rédacteur et lui permet d’avoir au moins le SMIC par mois pour lui et sa famille. Étonnez vos interlocuteurs des agences malgaches, posez la question. Assurez-vous d’avoir une éthique personnelle qui puisse vous rendre fier de vous comme de votre entreprise. D’ici là, les nouveaux esclavagistes, c’est bien vous…
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[Total: 29 Moyenne: 4]
David Gos

David Gos

Content Manager chez SEOmantique
Responsable de SEOmantique, rédacteur et ancien rédacteur-en-chef, je travaille à harmoniser et garantir la qualité de travail et de production de notre équipe.
David Gos
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  1. Vous avez eu plus de chance que nous, David. Des rédacteurs malgaches, on en a pourtant testé des centaines -en les payant bien, cela va sans dire-. Et nous avons à chaque fois été confrontés à un problème de qualité. Entre le manque de vocabulaire, les fautes diverses, des expressions qui ne s’emploient pas chez nous et pour certains, des circonvolutions stylistiques prétentieuses et désuètes dont on se passerait bien. Du coup, nous faisons comme vous, nous ne travaillons plus qu’avec des rédacteurs français qui ont grandi en France et suivi un cursus universitaire en France.

  2. Merci pour cet article audacieux, qui a en tout cas le mérite d’ouvrir le débat.

    Cependant, je partage le point de vue de Sophie, ayant vécu des expériences plus que décevantes, sans pour autant mettre une pression ni sur les prix ni les délais de rédaction.

    Parler d’esclavagisme reste très démagogue, je trouve. L’esclavagisme s’impose sans discussion à l’esclave. Ici, comme vous l’expliquez fort bien par ailleurs, il est question d’un marché ouvert, mais caractérisé par des économies en contraste.

    Là où je vous rejoins, c’est que le marché de la rédaction est trop pingre pour générer la qualité. Mais je dirais que le problème vaut même pour la France. Pour 75 euros, comment voulez-vous produire un contenu brillant ? Rien que le brainstorming préalable à la rédaction vaut cet investissement. D’où un décalage énorme, en France ou en Belgique, entre les tarifs de la rédaction “below the line”, comme on dit dans la pub, et les tarifs “above the line”, pratiqués par les agences en communication haut de gamme pour produire du contenu émotionnel, séduisant, humoristique, narratif, visuel et surprenant.

  3. Vous me permettrez, Jean-Marc, de parler d’esclavagisme, quand je vois des rédacteurs payés moins d’un centime le mot, et qui, à force de labeur, ne tirent de leur travail que de quoi survivre et rien de plus, sans possibilité d’échapper à ce système qui les exploite au plus bas revenu possible.
    Si vous y réfléchissez, voila un moyen détourné de retrouver les esclaves des basses tâches qu’on a connu il y a quelques centaines d’années, et qui manque à nos esclavagistes depuis 1922, avec sa fin au Maroc.
    Payer quelqu’un pour le rendre asservi à une tâche et dont la survie directe dépend de sa satisfaction ne doit pas être distingué de l’esclavagisme si on veut un jour le combattre et s’en émanciper. Et je voulais que les clients de ces plate-formes aient conscience du terrible système qu’ils nourrissent.

  4. Peut être que vous voyez les choses sou un autre angle. Mais les rédacteurs malgaches sont assez réputés pour que les entreprises françaises œuvrant dans l’externalisation à Madagascar ne cessent de s’accroître. Donc, forcément il y des intérêts pour elles de s’investir en sol malgache qu’ailleurs.

  5. Je passe par des rédacteurs freelance à Madagascar qui produisent du contenu de qualité correct. En travaillant à plein temps et en produisant 3000 mots par jours ils touchent 350€ par mois soit 10x le salaire moyen à Madagascar, ils vivent bien et peuvent même se payer le privilège de s’abonner à la fibre optique. Votre article qui nous compare à des maîtres exploitant les exclaves dans les champs de coton est très comique.

  6. Le commentaire étant anonyme, je me permets une réponse tout de même pour celui qui a fait l’effort de le laisser. Je crois que vous venez de justifier en quelques mots tout l’intérêt de mon article. Laissez les Malgache dans leur misère et continuez à profiter anonymement de leur besoin de survivre pour payer ces rédacteurs 0,005 cts le mot alors qu’en France, la moyenne est à 0,1. Soit OKLM 20 fois moins. Je réitère donc mon argument que vous profitez vraiment de la misère du monde, à la manière des esclavagistes dans les champs de coton. Et si ça pouvait être gratuit, vous signeriez sans aucun doute des deux mains, Maitre Bob.

  7. …dit il dans ses vêtements tous made in France of course et ses lunettes fabriquées à Morez…
    Sans quoi ce serait participer à l’esclavagisme du peuple chinois et taiwanais….

    Vous qui attachez tant de valeur aux mots, relisez donc la définition de l’esclavagisme….

    En payant 10 fois le salaire moyen malgache à ses rédacteurs, je ne vois pas en quoi Bob participe à l’esclavagisme de ces sauvages incapables d’écrire comme il faut….

    C’est un combat d’arrière garde que vous menez, ça me rappelle il y a trente ans ce qui conspuez les voitures asiatiques (c’était de la merde, ça ne peut pas être bon vu que c’est pas cher)

    Alors sans doute avez vous raison ne participons à l’esclavage, ne commandons pas d’articles chez eux, (même si parfois ils sont très bons) laissons les crever de faim !!!!

  8. Et pourquoi ne pas pratiquer le commerce équitable alors, plutôt que de se repaitre de la misère du monde à ses seuls profits ? Un peu plus pour un peu moins de misère, ça me semble plus honnête.

  9. David vous oubliez juste quelques paramètres dans votre raisonnement, je vis dans un de ces pays où les gens galèrent pour faire bouillir la marmite, et croyez moi être rédacteur web (pour ceux qui en ont les capacités) c’est une véritable aubaine économique.

    Bien sûr que non ils n’ont pas le salaire d’un français, mais ils gagnent plus que ce à quoi il pourrait prétendre à diplome universitaire égal…demandez leurs donc si ils se sentent esclaves, ils se considèrent comme nantis.. .

    En fait le fond du problème c’est que ces gens dérangent, ils sont moins chers et grignotent un peu plus chaque jour la part de marché des rédacteurs français…c’est tout simplement une forme de jalousie commerciale…

    Tout comme les chinois ont dérangé les fabricants de fringues français…

  10. Eric,
    Il me semble avoir fait un article assez complet sur le sujet montrant que si une part des rédacteurs malgache se satisfait de la situation, ce n’est pas le cas de la majorité. Produire un argument personnel pour contrer un article entier est une malhonnêteté intellectuelle qui ne vous honore pas. Ou alors, vous avez simplement mal lu la description de la situation des rédacteurs malgaches.

  11. Argument personnel ? lequel David, je n’ai en rien parlé de moi sur un plan professionnel, en revanche à priori j’ai mis le doigt sur le point sensible qui vous fait bondir…

    j’ai juste réagi à votre réponse faite à Bob…je vous cite “Laissez les Malgache dans leur misère et continuez à profiter anonymement de leur besoin de survivre”. il les paye 350 € par mois, un bon salaire pour le pays pour 3000 mots par jour…en quoi payer 10 fois le salaire mensuel du pays est il déshonnorable, en quoi c’est profiter de leur misère.

    Pour les 3000 mots jour peut être ? je me rappelle de l’annonce d’un seo français qui jouit d’une certaine réputation qui embauchait un rédacteur en France et demandait 7000 mots jour….alors oui je ne comprends pas votre réaction..

    En ce qui concerne votre article qu’il y ait des négriers, c’est bien évidemment détestable, il y en a dans toutes les économies, mais le problème reste entier, même un freelance malgache libre de tout qui va proposer 1 € les 100 mots sera l’objet de toutes vos foudres…hé hé hé on en a pour son argent !!!, etc etc…

    Malhonnêteté intellectuelle, allons, allons de quel côté est elle…

  12. Votre seul argument est que je serai jaloux de cette concurrence commerciale à bas prix. Vous le récidivez. Je trouve ça bas, et à mon sens sans grand intérêt pour le sujet de cet article. Prenez la défense de Bob si vous le souhaitez. Après tout, ce n’est pas ma conscience qui en souffre. Si vous trouvez qu’ils sont assez payé, ma foi, dormez bien.

  13. Oui, le nombre d’agence web et de rédaction à Mada a augmenté ces dernières années. ET ces agences sont pour la plupart gérées par des français. Et quand on sait combien les rédacteurs sont payés dans la plupart de ces agences, on comprend mieux pourquoi les textes sont pleins de fautes. Car, oui, avec 10ar/mot ou 0.002ct/mot, les agences de rédaction n’exigent presque rien car ils savent que les vrais rédacteurs, ceux qui ont de l’expérience et la compétence ne vont pas accepter ce salaire de misère.

  14. Rédactrice à Madagascar, je suis entièrement d’accord avec l’article. J’ai déjà vécu l’expérience des 3000 mots/jour à 0,002 centimes le mot et vous savez quoi? Il y en a encore certains de ces recruteurs qui lisent les textes, n’y trouvent rien à redire et les livrent au client. Et là, après deux semaines, le client fait son retour et refuse les textes, et le recruteur n’a même pas honte de nous priver de notre salaire à 0,002 centimes le mot! J’ai deux messages à vous transmettre:

    -pour les étrangers voulant collaborer avec Madagascar: ne travaillez qu’avec des particuliers écrivant 3000mots/jour GRAND MAX, n’engagez pas des sociétés qui vous fournissent plus ce nombre parce que ce sont les nouveaux esclavagistes.
    -pour les sociétés malgaches et les personnes recrutant des rédacteurs: ne vous justifiez pas en disant que vous aidez des gens à vivre aisément, si votre rédacteur peut se permettre la fibre optique (cas incroyable), vous, vous pouvez élever votre maison de quelques étages par SON TRAVAIL.

  15. Merci beaucoup Tiavina pour ce témoignage. Ces tarifs sont pires que scandaleux. J’espère qu’on trouvera un jour un moyen de faire de la “rédaction équitable”… Courage et merci encore de votre passage

  16. J’évolue également dans le monde de la rédaction web à Madagascar. L’article est intéressant, mais il manque une autre raison essentielle de la mauvaise qualité de travail de certains rédacteurs malgaches. Il s’agit de l’enseignement. Il n’existe qu’environ une dizaine de très bonnes écoles dans le pays et encore moins pour les écoles supérieures. De ce fait, il est réservé à seulement quelques privilégiés ou chanceux de recevoir un enseignement digne de ce nom, et donc de pouvoir assurer le métier de rédacteur web dan les règles de l’art. Or, la plupart de ces privilégiés deviennent des cadres dans les grandes entreprises et seulement une poignée de ces élites se tournent vers la rédaction, d’où la faible proportion du travail de bonne qualité dans ce domaine. Le fait déplorable est qu’étant donné le taux élevé de chômage dans le pays, de nombreux jeunes se tournent vers le métier de rédacteur qui est facile à obtenir, même s’ils n’ont pas reçu les bases nécessaires dans l’enseignement.

  17. Comme tout secteur non syndiqué et non encadré, le libre choix des tarifs s’applique “sans restriction”. Le mécanisme simple de l’offre et de la demande s’applique, d’autant plus que le métier est accessible aussi simplement qu’un cybercafé. Un dicton malgache dit qu’il vaut mieux manger peu que dormir sans avoir mangé. C’est la base sociologique du fonctionnement de la société, expliquant à votre grand désarroi le phénomène que vous qualifiez d’esclavage. Aucun discours épistémologique ne s’est encore penché sur le sujet, ni aucune statistique.

    La qualité est du second ordre dans un domaine externalisé où la quantité est accepté. Taïaut donc sur le nombre maximal de mots (référencement brut) au détriment des réelles informations à passer aux internautes. Tant qu’il n’y aura pas une concertation claire entre les différents acteurs, la situation demeurera identique. Charge aux rédacteurs de qualité de savoir se mettre en valeur.

    Certains rédacteurs malgaches qui vivent à Madagascar, avec une production moyenne de 1000 à 1500 mots par jour, gagnent 500 euros par mois, ce qui est à peu près équitable dans un contexte de concurrence accrue. Il y a de l’espoir pour ce métier d’avenir, pour peu que l’éducation en amont s’améliore.

  18. eh bien pourquoi avoir choisie de travailler avec des malgaches au lieu de tout de suite collaborer avec des français??? la réponse est claire la main d’oeuvre est moins chère donc lorsque vous dites bien payer laisser moi rire…
    votre profil reflète clairement votre mentalité en tout cas… arrogante et prétentieuse

  19. Rédactrice malgache dans la même situation… je savais depuis le début que ce qu’on gagne là ne représente même pas la moitié de ce que l’on devrait gagner. En lisant votre article je suis encore plus démotivée.
    Sans parler de la pression et des malus accordés en cas de moindre faute.
    Chez nous les dirigeants cherchent minutieusement à trouver des moyens de nous octroyer des malus, minimum de coût pour un maximum de production.
    C’est injuste. Trop injuste.
    Pour la qualité, je pense, c’est surtout parce que les rédacteurs ne restent pas longtemps à leur poste. Après 2, 3 moisa lors qu’ils commencent à maîtriser leur travail, avec l’ambiance, la pression et l'”esclavagisme” comme vous le décrivez, ils quittent leur poste et donnent place à des débutants.

    En tout cas, merci de nous soutenir David.

  20. Je te rejoins sur certains de tes arguments. Néanmoins, je trouve assez curieux le fait que tu renies la réalité d’une forme d'”esclavagisme” dans le milieu de la rédaction à Madagascar.

    Il y a bel et bien des centaines de rédacteurs, voire plus, qui pédalent dans la semoule à traiter avec des sous-traitants de sous-traitants qui paient 10/15/20 Ar le mot. Je ne qualifierais jamais ces tarifs d’acceptables compte tenu de l’effort intellectuel, du travail de recherche et des investissements indissociables au travail de rédacteur.

    Les prix restent dans ces eaux-là seulement parce que c’est ce que les “clients” peuvent faire de mieux, qu’ils disent. Et nous, fidèles à nos traditions, acceptons sans broncher. Faute de choix, peut-être. Ou parce qu’il vaut mieux manger peu que de dormir le ventre vide, comme dirait le fameux dicton.

    Or, cette privation de liberté tarifaire est la manifestation même de l’esclavagisme moderne dans le métier. Oui, le terme est dur, surtout pour nos mémoires encore marquées par les souvenirs des trois castes et de la période coloniale. C’est malheureusement une réalité qu’il ne faut pas nier.

    Mon conseil aux rédacteurs malgaches, du moins ceux qui veulent faire avancer le métier, est tout simple : reconnaissez votre valeur ! fuyez les commandes payées une bouchée de pain ou quelques graines de riz.

  21. Soyons franc, cela ne concerne pas que la rédaction mais tout le secteur offshore. Nombreuse boîtes sont fondé par des Européens (majoritairement de l’Hexagone) qui n’ont aucune expertise dans le domaine. On peut juste dire qu’ouvrir un call center à Mada est plus lucratif qu’ouvrir une épicerie de quartier en France. Ils inondent le marché avec de fausses promesses. On pourrait penser au début qu’ils créent des emplois mais, franchement, pas dans le sens positif.
    Qui sont leurs employés ? Des étudiants en économie, socio, gestion et même mécanique attirés par de l’argent « facile » (après tout « il suffit » de bien parler français, et de suivre un plan). La réalité est toute autre, on ne mise pas sur la qualité mais la production, comme dans les usines de Iphone en Chine.
    Ironie du sort ces gens restent et finissent par abandonner leurs études (je ne le comprendrais jamais, car au départ pour beaucoup d’entre eux ce n’est jamais vraiment par « nécessité » mais pour avoir de l’argent de poche qu’ils commencent) et ils disent que c’est un travail où on ne se casse pas la tête ou « milamindamina ihany».
    Au final, quand tu as laissé ta soutenance de licence pour récupérer des coupons de réductions en ligne, quand tu as arrêté de faire l’effort d’être un bon méchanicien pour faire du tchat « rose », 2 ans plus tard t’es plus bon pour autre chose …
    Les autres secteurs d’activités sont touchés. Non pas par manque de main d’œuvre, mais par manque de renouveau. Les jeunes ne créent plus. Il n’y a plus de startups, plus d’entrepreneurs. Ceux qui devraient créer l’avenir du pays deviennent « téléopérateurs ». Ils ne restent que les quelques vieilles boites malgaches (pour celles qui ont survécu aux différentes crises économiques). Donc au final il n’y a « plus de travail » et cela pousse encore plus à migrer vers l’offshore.
    La jeune main d’œuvre mandille un salaire qui ne cessent de descendre. Avant, travailler dans le privé payait mieux, ce n’est plus le cas, en tout cas pas dans le offshore.
    Pour ce qui est des conditions de travail, certaines boites offshores vont jusqu’à mettre dans la clause interne « qu’il est interdit de refuser des heures supplémentaires ». La dites clause en soit n’est jamais montrée quand on signe le contrat, l’imprimante est (curieusement) en panne …
    L’Etat ne fait rien, il ne profite même pas de l’occasion pour relancer l’économie, car au final tout le pactole va dans les poches de ces sociétés étrangères (elles payent les mêmes impôts que les petites boîtes Malgaches et là encore elles « réajustent » leurs déclarations fiscales).
    Je ne suis pas contre l’offshore, je dis juste que c’est un secteur non réglementé, non surveillé, qui finalement n’offre que peu de valeur ajoutée réelle aux jeunes et au pays. Le nombre de clients insatisfaits ternissent l’image globale et masquent l’existence des bonnes boîtes. Nous avons de bons éléments pour faire de l’offshore de qualité mais ils sont trop souvent évincés au profit d’autres qui seront moins bien payés et plus facile à exploiter.
    Je ne décourage personne à sous-traiter chez nous, mais je rejoindrais l’auteur en disant que cherchez trop de low cost ne bénéficie à personne. Si vous cherchez de la qualité, elle ne coutera jamais 1 cts mais qui sera toujours moins chère, bien sûr (ça reste de l’offshore). Dans tous les cas prenez le temps d’évaluer les prestas(ne pensez pas que la qualité sera mieux car l’interlocuteur est Français, j’en ai parlé au début), les meilleurs ne sont pas forcément les premiers qui vous tombent sous le nez.

  22. Je ne pense pas qu’être sortant de l’INSCAE (Sciences comptable et administration d’entreprise) ou de l’Ecole Polytechnique (comme son nom l’indique) fait de toi un bon rédacteur … Ces fameuses “très bonnes écoles” sont un peu trop orientés sciences économique et sociales et ingénierie. Par contre nous avant la Faculté des lettre, des Ecoles de Com qui peut fournir de bon rédacteur. Ce n’est pas une question de grande école mais plutôt en rapport avec ton deuxième argument “le métier de rédacteur (…) est facile à obtenir”

  23. Tout ce que j’ai à dire c’est que la rédaction et le “call” sont les nouvelles formes de zone franche (salaire moyen 70€/mois) à Madagascar. Sans parler des cinquantaines d’ agences qui se lancent désormais dans le téléphone rose pour des clients français uniquement. Croyez-moi, l’esclavagisme à Madagascar n’a jamais cessé d’exister et l’indépendance n’est qu’un titre. Cela va sans dire que l’avenir de ce peuple ne se résume qu’à une succession d’esclavagisme sous multiples formes.

  24. Cette article reflète la vérité sur le salaire d’un rédacteur à Madagascar. on n’a pas beaucoup de choix. Dès qu’un client nous contacte pour une salaire misérable, on s’y plonge pour éviter le chômage. Je voudrai donc demander à Mr David, quel serait le salaire normal par mot d’un rédacteur été dans le métier depuis 2009? que ce soit en France ou à Madagascar, un rédacteur est un rédacteur, il rédige des contenus pour le compte d’un client ayant un site .

  25. Bonjour 🙂

    Nous avons voulu tester, pour deux raisons : produire à moindre coût une partie des contenus dont nous avions besoin, et participer modestement à rendre la vie de quelques rédacteurs malgaches plus confortable. Nous leur proposions en effet 800 € nets par mois, ce qui est intéressant pour un rédacteur malgache et intéressant pour nous également, sans être non plus abusif.

    Je ne sais pas qui de nous deux est arrogante et prétentieuse mais en l’état, je ne vous juge pas.

    Bien cordialement,
    Sophie.

  26. Andriarojo disait “reconnaissez votre valeur” : il a raison. Certains devraient se rendre compte qu’ils n’ont pas les compétences requises pour être rédacteurs. Ceux qui ont ces compétences peuvent toujours trouver des clients français en direct sur facebook ou sur diverses plateformes, forums, etc. Malheureusement, tous ceux qui font ces démarches sont absolument NULS comme rédacteurs. Ça fait des années que nous le constatons et des tests nous en avons fait des dizaines. Si Madagascar a cette réputation de mauvaise qualité c’est malheureusement en bonne partie parce qu’elle l’a acquise par le piètre travail de ses rédacteurs.

    Pour votre information, des rédactrices que je connais en France sont à 8’000 ~ 10’000 mots par jour, c’est prévu dans leur contrat et ça se passe en France. Et bien sûr, la qualité est acceptable. Il n’y a pas de fautes ou de tournures incompréhensibles en tout cas.

  27. Merci pour cet article qui semble bien renseigné.
    Evoluant moi aussi dans le domaine de la rédaction web à Madagascar, je me permets d’émettre mon avis sur la question.

    A mon sens, le problème de la tarification vient surtout du nombre d’intermédiaires entre les clients et les rédacteurs. Vous l’aurez compris, c’est une longue chaîne. Tout en haut, il y a le client X qui veut bien payer le prix, tant qu’il a de la qualité. Il choisit donc de confier la tâche à une boîte en Métropole. Seulement, cette dernière va tenter de minimiser les coûts de production et va sous-traiter la rédaction à l’étranger. Même en proposant la moitié du tarif, c’est encore tout bénef’ !
    Mais la sous-traitance ne s’arrête pas là. Généralement, ces boîtes ont des contacts “fiables” à l’étranger (Madagascar, Maroc, Tunisie, Ile Maurice, etc.), qui peuvent leur fournir du contenu rapidement et “de bonne facture”. Si seulement ces contacts étaient des rédacteurs… loin de là.
    A leur tour, ils sous-traitent le travail pour des clopinettes, espérant ainsi gagner leur vie sur le dur labeur des vrais artistes. Ces mêmes artistes qui vont veiller pour écrire, tout en prenant soin de faire montre de toute la qualité de leur plume. Sinon, ils risquent tout bonnement de se retrouver sur le c**, sans toucher le moindre centime.

    Il existe une solution pour mettre fin à cette spirale : les plateformes. Attention, je ne vous parle pas des plateformes qui imposent leurs tarifs, et qui finalement ne sont que des entremetteurs.
    Je parle ici des plateformes libérales, comme Upwork. Chacun met en avant ses atouts, chacun est libre de fixer ses tarifs et de proposer les deadlines qu’il pense corrects lorsqu’il postule pour un job. Les clients peuvent alors “juger sur pièce” ce que vaut un rédacteur et négocier les tarifs directement avec lui. Le véritable atout de ce site, c’est que les petits plaisantins n’y sont pas les bienvenus. Des campagnes de contrôles de comptes et d’identité y sont menées depuis quelques temps, pour vérifier si derrière chaque profil, il y a bien un freelancer derrière le clavier et non un esclavagiste qui cherche des marchés pour son “troupeau”.

    Je finirai mon commentaire sur la qualité du livrable. Il est vrai que tous les rédacteurs à Madagascar n’ont pas une belle plume. C’est une réalité partout dans le monde d’ailleurs, y compris en France (diantre, si vous saviez !) Le problème, c’est qu’à Madagascar il y a deux types de rédacteurs : il y a ceux qui le deviennent par nécessité et qui intègrent les boîtes esclavagistes, et il y a ceux pour qui c’est bien au-delà d’un métier : une vocation.

    Personnellement, j’ai tenté de collaborer avec quelques jeunes de Madagascar comme moi. Les perles rares existent, mais il faut être patient et persévérant pour tomber dessus.

  28. Sophie,

    Je n’y ai pas pensé au moment d’écrire mon commentaire, mais maintenant que vous le dites, ça marche aussi dans l’autre sens.
    Malgré tout, je reste dubitatif sur la qualité des articles écrits par vos “amis” – sans vouloir mettre en doute leurs compétences – qui carburent à 8 000/10 000 mots par jour.

  29. Le vrai problème à Madagascar c’est la paresse de la majorité des travailleurs, que ce soient les rédacteurs ou les télé-conseillers. Ici, je vois quotidiennement des connaissances qui ont fini 5 magnifiques années universitaires pour en finir dans le même bagage qu’un bachelier, en adoptant le métier de télé-conseillers. Attirés par l’argent facile, la plupart de nos compatriotes ne voient même pas l’arnaque, non l’esclavagisme, des sociétés offshores qui se multiplient sur notre île.
    Franchement, nous sommes trop paresseux pour trouver un travail digne de nos compétences, de faire des sacrifices de notre temps ou de dépenser un peu d’argent, et voilà que certains exploitent cette paresse.
    Il y a également les rédacteurs qui veulent s’en sortir et s’entretenir directement avec les étrangers. Néanmoins, ces personnes ne peuvent pas se permettre d’avoir une connexion à domicile, et certaines n’ont pas les fonds nécessaires pour créer une entreprise, et se tournent automatiquement vers les agences malgaches.
    Mon message pour ces rédacteurs:
    -Oui, oui, commencez par les agences malgaches pour acquérir un peu d’expériences et de capital (je vous recommande de ne pas y rester plus de trois mois si vous obteniez assez ). Une fois ces deux choses accomplies, créer une EURL, inscrivez-vous dans plusieurs plateformes et commencez votre vraie expérience avec les étrangers. Vous verrez qu’avec une moyenne de 300 mots par jour, vous obtiendrez l’équivalent et même plus du salaire dans l’agence à 3000 mots par jour. Concernant la connexion, attendez d’être stable avant de vous abonner et allez dans les cybers ou utilisez le hot-spot de votre mobile.
    Merci et bon courage à nous les rédacteurs Malagasy!

  30. Bonjour
    Je ne suis pas du tout d’accord avec beaucoup d’entre vous.
    Il faut faire le tri mais il y a de très bon rédacteurs / rédactrices malgaches. Tout comme dans d’autres pays non européens.
    3 malgaches travaillent pour mon agence et vous seriez bien incapable de faire la différence avec un texte écrit par un français.
    Après pour ce qui est de l’esclavagisme : une de mes rédactrice va pouvoir s’acheter une maison grâce au travail qu’elle fait pour mon entreprise depuis 2 ans environ donc on en est loin pour ma part.
    Simon

  31. Bonjour, commencez peut-être par signaler à vos clients sur votre site que vous sous-traitez à Madagascar avant de vous sortir du lot en prônant la qualité de vos rédacteurs. Etre un peu militant sur le point de vue que vous défendez serait plus cohérent avec votre discours.
    Après, il n’est pas question ici de discuter de la qualité générale de rédaction mais de la situation économique liée aux exploitants comme vous qui faites des marges conséquentes, loin d’un commerce équitable, entre vos clients et vos sous-traitants. Vous profitez de la différence de niveau de vie et cachez la nature de votre activité à vos clients parce que vos sous-traitants travaillent suffisamment bien pour faire croire à des rédacteurs français. Bon, niveau crédibilité pour donner des leçons, ça se pose là.

  32. Je ne donne aucune leçon, je dis juste que les rédacteurs avec qui je travaille (dans le monde entier pas seulement madagascar) sont bien payés et sont loin d’être des “esclaves”. Certains gagnent 3 à 4 fois le salaire moyen mensuel de leur pays.

  33. Même si ce que vous dites est vrai, vous donnez nettement l’impression de vous justifier devant quelque chose… De plus, l’article ne parle pas de votre cas EXCEPTIONNEL à vous, mais du cas GÉNÉRAL de la plupart des rédacteurs malgaches qui sous-traitent d’autres rédacteurs avec un salaire misérable. Si vous n’êtes pas d’accord avec l’article, alors vous êtes bien ignorant de la situation actuelle à Madagascar et vous fermez les yeux devant les autres rédacteurs (pas comme vous) mais des “esclavagistes”.

  34. Je connais une boite en France qui impose un volume de 6000mots/jour à ses rédacteurs. Ils ne se plaignent pas pour autant. Sinon par rapport à vos propos, c’est ça en fait la concurrence sauvage. Aussi, comme les français deviennent de plus en plus nuls en français, il faut que d’autres personnes prennent le relai.

  35. Bien dit Tavina. Mais un autre paramètre peut expliquer pourquoi ces jeunes y restent, dans tout le sens du terme.
    Ces jeunes intellectuels veulent s’en sortir et voler de leurs propres ailes : une réalité que les esclavagistes savent très bien.
    Quand ces employeurs en attrapent dans leurs filets, ils leur font signer un contrat CDI. Dans le contrat, que tous ces jeunes ou vieux ne tardent pas à signer, il y a la clause de non-concurrence. Si jamais ils quittent la boîte, ils doivent rester au moins 2 ans à n’exercer aucune des activités liées à celle de l’entreprise. Je précise que ces talents-là ne sont même pas en contact direct avec les clients de la boîte. Et il n’y a pas de rémunération pour ça, c’est comme ça. Le système est souvent en faveur des investisseurs étrangers.
    Donc, même si ces talents-là ne restent que quelques mois, ils ont peur de voler de leurs propres ailes. Alors ils quittent la boîte pour bosser dans d’autres qui proposent un salaire légèrement en dessus. Si jamais ils deviennent entrepreneurs dans le même domaine en moins de 2 ans (après un immense effort), ça peut virer au cauchemar pour certains.
    Voilà pourquoi c’est difficile de quitter ce cercle vicieux, surtout quand certains ont raté leur Master 2 pour ce type de travail.
    Ce que je conseille aux jeunes, c’est FUYEZ CES BOÎTES, SAUF SI VOUS Y BOSSEZ EN FREELANCE. LE CDI EST UNE GROSSE CHAÎNE INVISIBLE. D’autres boulots paient moins, mais vous laissent le temps d’étudier et de décrocher votre diplôme.

  36. Moi je ne suis pas rédacteur, mais je vis à Madagascar et je travaille en tant que freelance (en contrat CDI à temps plein avec une entreprise qui fait de l’offshore).
    Ce qui me désole le plus c’est que les investisseurs qui viennent à Madagascar pour créer des sociétés offshore exploitent les compétences des jeunes Malgaches. Le problème que vous évoquez dans votre article ne touche pas seulement le secteur de la redation mais dans tous les domaines, dans le développement d’applications et de site web par exemple. Ici à Mada on paie 800 000 Ar soit 240€/moi un jeune pour créer jusqu’à 2 à 3 sites e-commerce par moi, alors que 1 site e-commerce peut couter jusqu’à +25 000€ paraît-il. C’est ce genre d’arnaque et d’exploitation qui dévalorise nos compétences.
    Certes comparé aux classes moyennes à Madagascar certain arrivent à survivre dans ce monde de misère exploitée par les anciens colons qui nous promettent la lune mais nous exploitent quand même et s’enrichissent sur notre sueur.
    Donc c’est vrai en sachant cela on n’est pas du tout motivé à faire du bon travail.
    Mais aussi il n’y a pas que cela il y a aussi une part de responsabilité des Malgaches qui ne s’entraide pas pour lutter contre cela, au lieu de cela ils s’entretuent entre eux pour faire encore baisser le tarif pour avoir une part du marché promue par ces exploitants. En dévalorisant eux-mêmes leur savoir-faire, leur valeur intellectuelle.
    Comme on dit en malgache ” Ny tsara tsy mora” se traduisant littéralement ” le bien n’est pas facile” mais qui veut dire que si tu veux de la qualité, il ne faut pas être radin. Donc oui, il y a des jeunes à Madagascar qui peuvent produire des choses de qualité haut de gamme comme n’importe où ailleurs dans le monde mais il faut faire le tri et bien les payer pour les motiver.
    Je ne demande pas que le traitement en matière de salaire soit les mêmes qu’avec ceux qui sont en France mais je dénonce le procédé d’exploitation et d’enrichissement des investisseurs Vazaha(étrangers).

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